Porsche 911 2.0 S

911_2l0_s_avant_droit.jpgS comme Sport pour cette ultime évolution de la première mouture du célèbre Flat 6 en version 2 litres.

Propulsée par ce bouilleur particulièrement affuté, la 911 2.0 S sort de l'esprit GT pour entrer de plein pied dans l'univers plus strictement sportif. Elle est présentée au salon de l'auto de Paris en Octobre 1966, et il est vrai qu'au premier abord, peu de signes distinctifs permettent d'identifier clairement la 911 S au premier coup d'oeil. Seul le monogramme posé sur le capot moteur, à l'arrière bien sur, permet d'être certain du pédigrée de la bête.

A noter que c'est sur ce modèle que seront proposées pour la première en option les fameuses jantes en alliage léger du fabricant Fuchs. Dans l'habitacle, pas de révolution non plus, mis à part pour le volant qui pour des raisons évidentes de grip est en cuir et non plus en bois comme sur les versions T ou E, et un écusson siglé 911 S positionné sur le tableau de brod du coté passager. La 911 S joue la discrétion. De fait, toutes les différences importantes sont bien cachées, et on les trouve principalement du coté du moteur et du chassis.

911_2l0_s_moteur.jpgLe Flat 6 de 2 litres de cylindrée voit sa puissance passer à 160 Cv, et les chevaux gagnés le sont haut perchés, puisque cette puissance maximum est obtenue à 6600 t/mn. Le comportement du moteur est donc résolument plus sportif, la 911 S devenant parallèlement nettement plus pointue à conduire, voir à piloter.

Pour arriver à produire cette puissance, l'injection mécanique qui équipe le même bloc sur la version E est ici remplacée par 2 carburateurs triple corps Weber, le taux de compression passe à 9,8:1 contre 9,0:1, et pour la première fois, car la voiture est clairement à vocation plus sportive, un limiteur mécanique de régime fait son apparition, surement pour prévenir les excès d'enthousiasme de certains ! Coté chassis, une barre stabilisatrice fait son apparition à l'arrière, et la barre anti-roulis situés à l'avant est de diamètre plus important, augmentant encore sa rigidité. Coté amortisseurs, ce sont des Koni plus fermes qui ont été choisis, afin de coller à la vocation de la voiture.

911_2l0_s_avant_gauche.jpgEn 1968, la caisse de toutes les 911 subie une évolution importante avec le rallongement de son empatement de 57 mm, et on parle de chassis long pour les différencier de la 911 en série A définie comme telle avec le chassis court.

La même année, la 911 2.0 S adopte une injection mécanique Bosch en lieu et place des carburateurs Weber, un carter en magnesium, plus léger, et qui permet de gagner quelques kilos, et un radiateur d'huile sera placé dans l'aile avant droite afin d'améliorer le refroidissement du moteur, car même si la légende veut que le Flat 6 soit refroidi par air, il ne l'est pas uniquement, et l'huile qui circule par ce radiateur participe aussi au refroidissement du bloc.

L'adjonction de l'injection et l'amélioration du refroidissement ont permis de gagner 200 tours minutes et la puissance maximale disponible est désormais de 170 Cv à 6800 t/mn. Ce sera la dernière évolution du bloc 2 litres, qui ne sera produite que pendant une année, la cylindrée grimpant à 2.2 litres dès 1969.

911_2l0_s_arriere_gauche.jpgLes 911 2.0 S sont difficiles à trouver en configuration d'origine et en bon état, la vocation sportive qui lui a été donnée la souvent amenée à être pousser dans ses retranchements ou à subir des transformations radicales pour une utilisation circuit ou courses de cote intensive. La recherche d'une 911 2.0 S en configuration d'origine est donc semée d'embuche, mais pas impossible tout de même. Comme toujours sur ces voitures dites "Classics", il faudra être très vigilent avec la rouille, aucun traitement n'étant appliqué à l'époque sur les toles utilisées, et faire attention aussi à la concordance des numéros de série entre le chassis et l'ensemble moteur-boite, des assemblages plus ou moins homogènes pouvant avoir été effectués...

La 911 2.0 S est considérée comme la première véritable sportive produite en série par Porsche, et il y aura à partir de cette voiture une continuité dans la volonté de Porsche de toujours proposer une version de la 911 en cours de production en version typée sport : les S, puis les RS et aujourd'hui les GT3 ont été et sont toujours là pour combler les désirs des conducteurs les plus extrêmes dans les sensations recherchées. Porsche a créé sa réputation sur les circuits, il serait dommage de ne pas pouvoir en profiter au quotidien ! 

Caractéristiques générales :  1991 cm³, 6 cylindres à plat (Flat 6) atmosphériques, 160 Cv à 6600 t/mn en 1967, 170 Cv à 6800 t/mn en 1968 - Couple maximum :  179 Nm à 5200 t/mn en 1967, 182 Nm à 5500 t/mn en 1968 - Transmission à 5 rapports - Poids : 1030 kg - Production totale : 5849 ex - Vitesse maximum : 225 km/h - Numéro de série 1967 (chassis court) : coupé de 305101 à 308522, Targa de 500001 à 500717 - Numéro de série 1968 (chassis long) : coupé de 118 0 0001 à 118 0 1267, Targa de 118 5 0001 à 118 5 0442.