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On savait que les familles Porsche et Piëch avaient un certain nombre de points communs avec la famille Ewing oeuvrant dans un célèbre feuilleton des années 1980, même si ici l'action se déroule entre Stuttgart et Wolfsburg et non pas en banlieue de Dallas ! Mais on ne pouvait se douter qu'à l'occasion des pourparlers houleux qui se déroulent en ce moment concernant le rachat par Porsche de Volkswagen, les deux protagonistes allaient inventer la fusion ... à froid !!
Car le froid sidéral est bien l'atmosphère qui règne entre les deux clans familiaux. De fait, la semaine dernière a été le théâtre de multiples scènes digne des plus grands dramaturges, Shakespeare ayant même dû se retourner dans sa tombe devant tant de perfection !
Tout commence le 17 Mai dernier, avec l'annonce officielle d'une mise en suspens des discussions entamées le 06 Mai et senser entériner le projet de fusion entre les 2 constructeurs. Un porte parole de Volkswagen indiquera clairement un manque "d’attitude constructive de la part de Porsche", ce qui en dit long sur l'ambiance générale. Principaux griefs énoncés par VW, Porsche ne disposerait d’aucune stratégie pour permettre une intégration des deux constructeurs automobiles...
Selon le magazine allemand "der Spiegel", la détérioration des relations entre les deux groupes ferait suite aux propos du président du Conseil d’administration de Volkswagen, Ferdinand Piëch, qui avait posé Jeudi 14 Mai comme condition préalable au projet de fusion la non-prise en compte par VW des milliards de dettes contractés par Porsche dans sa longue croisade boursière visant à racheter purement et simplement Volkswagen.
Le 19 Mai, nouveau revirement, les deux protagonistes réaffirmant leur objectif de fusionner, annonçant même leur ferme volonté de travailler de manière constructive pour y parvenir. Les 2 présidents des conseils de surveillance de Porsche, Wolfgang Porsche, et de Volkswagen, Ferdinand Piëch, ont indiqué dans un communiqué qu’ils "confirment que l’objectif d’un groupe automobile intégré est toujours poursuivi". Le défi majeur semble plutôt de tenter de limiter les tensions familiales apparues au grand jour ces dernières semaines, même si F. Piëch parait désormais vouloir enterrer le hache de guerre.
Il est vrai que le rodéo boursier de Porsche sur le groupe VAG n'a pas fait que des heureux dans le groupe Volkswagen, et les vieilles rancoeurs sont remontées à la surface. Alors que Volkswagen considère avoir souvent "sauver" Porsche de la banqueroute, se voir absorber par plus petit que soi est toujours mal vécu... Rappelons que le Groupe VAG pesait en 2008 la bagatelle de 113,8 Milliards d'Euros de CA pour 6.3 millions de véhicules produits, contre 7 Milliards d'Euros pour Porsche et environ 105 000 véhicules. Remis en perspective, on se rend mieux compte de l'importance de l'opération que Porsche a lancée.
Cependant, sans la crise financière particulièrement mal venue pour Porsche, Volkswagen n'aurait certainement pas pu faire grand chose contre l'offensive du "frère ennemi" : car c'est bien le problème de la frilosité et de la fragilisation des institutions bancaires qui peinent aujourd'hui à couvrir la dette créée par Porsche pour acquérir en bourse le capital de VAG qui remet en cause le projet, et qui oblige aujourd'hui Porsche à chercher un terrain d'entente, acculé par ces mêmes financiers.
VAG sentant le vent tourner, tente de redorer son blason, mais il reste à espérer que cette guerre fratricide ne mettra pas à terme les 2 fleurons de l'industrie automobile Allemande en péril. Les querelles familiales sont souvent cruelles et jusqu'au-boutistes, souhaitons donc que les hommes concernés ne cassent pas l'outil industriel pemettant de créer les plus belles voitures sportives du monde !! Aux dernières nouvelles, il semblerait que les protagonistes veuillent se donner du temps, et les termes de la fusion ne seront probablement pas définis début Juin comme prévu.
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