Porsche est en fusion ! Convertir en PDF Version imprimable
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11-05-2009

logo-porsche-vw.jpgLe constructeur automobile allemand Porsche, qui détient déjà 51% de son homologue Volkswagen à la suite de deux années de "raids" boursier, veut dorénavant bâtir une nouvelle structure regroupant les dix marques des constructeurs. Le 6 mai dernier, et après de longues négociations en off entre les deux branches des familles cousines Porsche et Piëch, un accord de fusion entre les 2 groupes a été cellé...

C'est encore une fois la crise mondiale qui vient de précipiter cette décision. Porsche ambitionnait plutôt au départ une absorption de son éternel partenaire, concurrent ou ennemi, suivant les moments ! Détenteur de 51% du capital de VAG, Porsche envisageait en réalité de monter à 75% de ce capital, et d'en prendre le contrôle total. La crise a révélé le fort taux d'endettement de Porsche, et dans l'état actuel des marchés financiers et des institutions bancaires, la prudence a contraint Porsche de revoir ses ambitions à la baisse.

L'annonce de la fusion entre les 2 groupes vient donc d'être annoncée suite à une réunion du conseil de surveillance tenue sur fond de dissensions entre les 2 clans des familles propriétaires du groupe Porsche. Dans ce même communiqué, il est précisé que des groupes de travail réunissant des représentants de Porsche et de VW allaient être formés afin de déterminer les nouvelles structures du groupe automobile d'ici à 1 mois. L'objectif est de réunir dans un seul groupe les 10 marques possédées par les constructeurs, tout en insistant sur le fait que chacune garderait leur indépendance.

Cette fusion annoncée ne s'est pas faite sans douleur, Wolfgang Porsche, président du conseil de surveillance de Porsche l'ayant finalement emporté face à Ferdinand Piech, actionnaire de Porsche et président du conseil de surveillance du groupe Volkswagen, qui plaidait lui pour une vente du fabricant de la 911 à Volkswagen, inversant ainsi les amitions affichées du groupe Porsche depuis quelques années. Il est vrai que l'appétit d'ogre de Porsche envers Volkswagen n'était pas forcément bien ressentie et admis parmis tous les employés du groupe VAG, mais aussi dans les plus hautes sphères de sa direction...

L'endettement de 16 milliards d'Euros généré par l'achat de 51% du capital de VAG a eu raison des projets de Porsche, mais n'a pas pour autant complètement donné raison à Volkswagen, dont les projets de rachat de Porsche était pourtant bien avancé eux aussi, puisque la famille Piëch avait déjà tout prévu : ainsi, Wendelin Wiedeking et son directeur financier, Holger Härter, auraient été remplacés à la tête de Porsche par leurs homologues de Volkswagen, Martin Winter­korn et Hans Dieter Pötsch. Dans un soucis de ramener tout le monde au calme, un porte-parole de Porsche a assuré, hier, que les 2 dirigeants de la marque resteront "naturellement" aux commandes, même s'ils étaient bien les protagonistes de l'assault sur VAG.

Afin de financer la dette de Porsche, une augmentation de capital serait envisagée, soit en faisant intervenir les familles actionnaires, soit en faisant entrer dans le capital du nouveau groupe créé un actionnaire de référence, voir institutionnel. Le bruit de fond laissait présager une augmentation à hauteur de 5 Milliards d'Euros au sein du cadre de la fusion des 2 groupes, et que cette augmentation serait de préférence souscrite à 100% par les familles des 2 groupes, les 2 familles cousines restant ainsi fidèles à leurs principes d'indépendance. Reste que le gouvernement régional de la Basse-Saxe, qui dispose d'une minorité de blocage avec ses 20% de capital détenu, s'est déclaré prêt à accepter qu'un investisseur du Golfe entre au capital du nouveau groupe.

On le voit, le feuilleton historique entre Porsche et Volkswagen est loin d'être terminé, et on devrait avoir plus d'éléments concrêts dans 1 mois à l'issue des réunions de travail entre les 2 constructeurs.