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La 928 GTS sera l'ultime évolution du "Squale", souvent dénommée ainsi tant sa silhouette à la fois massive et élancée fait penser à la corpulence du fameux prédateur marin.
En 1992, Porsche a pratiquement arrêté ce qui sera sa future révolution, c'est à dire le lancement des futures 996 et Boxster. Mais en attendant, il faut continuer à faire fonctionner la machine, et tout est fait pour faire vivre le plus longtemps possible les dernières productions en Moteur Avant, avec le lancement de la 968 sur base de 4 cylindres et la mise sur rail de la 928 GTS. Cette dernière voit donc une dernière fois ses caractéristiques évoluer pour finalement être encore commercialisée durant 4 années, ce qui fera d'elle une championne de la longévité, avec ses 18 ans de commercialisation.
Le gros V8 porte ici encore mieux son nom, puisqu'il gagne encore 400cm3. En 18 ans, ce bloc sera passé de 4474 à 5397cm3, par allongement successif de sa course de 78,9 à 85,9mm, et par un gain d'alésage de 5mm. Les quelques 900cm3 de cylindrée supplémentaire obtenue au fil du temps lui auront en tout fait gagner 110Cv. Au ralenti, le ronronnement de la 928 GTS libère des graves qui en disent long sur ces capacités à rugir.
Le moteur fonctionne suivant 3 paliers : jusqu'à 2000 t/mn, on se demande s'il fonctionne, sa souplesse étant à peine croyable sur une mécanique aussi pointue, jusqu'à 4000 t/mn, où le couple maximum est proche, on a déjà une franche sensation de poussée irrésistible, et au delà, le début de rugissement perceptible au stade précédent devient franc et massif, et si l'attention particulière qu'il faut à tout conducteur en train de se faire propulser de la sorte vous laisse une seconde de répit, vous serez veritablement surpris de voir l'aiguille du tachymètre se mouvoir vers la droite inexorablement, alors que le confort perçu est digne de celui d'une limousine, pourtant a priori nettement moins sportive.
Surnommée à bon escient le "TGV de la route", la 928 GTS est certainement encore aujourd'hui la seule Porsche capable de vous emmener d'une point A à un point B dans des temps records en ayant la sensation d'être installé dans votre salon. A l'extérieur, plusieurs éléments ont été modifiés par rapport à la 928 GT, l'élargissement des ailes arrières étant de loin le plus significatif.Les jantes Cup 17" sont aussi livrées en série dorénavant, et le bandeau rouge qui relie entre eux les deux feux arrières caractérise nettement la 928 GTS.
A l'intérieur de l'habitacle, pas de changement notable par rapport à la 928 GT, le confort et la très grande qualité de finition étant toujours au rendez-vous : on retrouve donc l'intérieur entièrement gainé de cuir jusqu'au levier de vitesse, la climatisation automatique avec règlage de zone qui permet aussi de réfroidir la boite à gant, le tableau de bord règlable en hauteur et en profondeur en même temps que le volant, l'ordinateur de bord très complet qui indique même les données du RDK contrôlant en temps réel la pression des pneus, et un équipement Hi-Fi lui aussi très complet, avec pas moins de 10 hauts-parleurs installés à bord : on peut ainsi cruiser sur l'autoroute, régulateur de vitesse enclenché, en ayant la sensation d'être dans un véritable auditorium. Les sièges ont la totalité de leurs réglages électriques, et le siège conducteur dispose de 3 mémoires de configuration incluant les réglages des rétros.
En ce qui concerne le chassis, le poids étant encore en hausse, les freins voient leurs diamètres de disques augmenter, et ce sont ceux de la 911 turbo 3.3 qui sont installés pour pouvoir stopper efficacement cette cavalerie. Acquérir une 928 GTS aujourd'hui demande à verifier le mieux possible l'historique de la voiture, car même si aujourd'hui sa côte est assez basse par rapport à son prix de vente neuf, le coût des pièces reste proportionnel à la valeur de départ de l'auto.
Il n'y a pas de soucis particulier sur cette Porsche, mais les 928 ont souvent été acquises en première main par des gros rouleurs, ce qui est aussi la vocation première d'une telle voiture, et donc il faut a priori se méfier des compteurs kilométriques trop optimiste. Les pièces d'usures, telles que les freins (disques et plaquettes) et l'embrayage sont très résistant d'origine, mais ils sont tous soumis à des contraintes importantes dues pour les uns au poids de la voiture, et pour l'autre, à la puissance à encaisser. Leur usure dépendra bien sur du conducteur et de sa manière de magner la voiture, mais ce sont des points important à prendre en compte lors de l'achat.
La courroie de distribution et la pompe à eau sont, comme sur toutes les Porsche à moteur avant, à surveiller de très près car c'est une opération assez couteuse à réaliser, qui doit avoir moins de 80 000 Kms et/ou moins de 5 ans. L'électronique très complexe de la 928 GTS peut générer quelques soucis électriques dont les causes sont parfois difficiles à cerner, le plus problématique étant le boitier Jetronic qui contrôle l'injection qui lorsqu'il tombe en panne, revient d'une part cher, et d'autre part, Porsche ne le fournissant qu'au compte goutte, les délais pour avoir cette pièce majeure sont souvent longs.
La 928 GTS a essentiellement été produites et vendues en boite automatique, les modèles en boite manuelle sont donc plutôt rares.
Caractéristiques générales : Cylindrée : 5397 cm3 - Puissance : 350 Cv à 5700 t:mn - Couple : 500 Nm à 4250 t/mn - Moteur Type M28.49/50 - Boite Vitesse manuelle à 5 rapports type G28/57, ou automatique à 4 rapports type A28/57 - Poids : 1620 kg - 31 Cv fiscaux - Production : 2831 ex. - Numéro de série : à partir de WPOZZZ92ZNS810001 en 1992, de WPOZZZ92ZPS810001 en 1993, de WPOZZZ92ZRS810001 en 994 et de WPOZZZ92ZSS810001 en 1995.
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